Les Cathédrales De Sang

La trope réitérant la présence de l’être devant l’image construite par sa volonté apparaît comme une vanité contemporaine de l’être assumant sa conséquentialité. Iel n’est pas simplement l’être devant l’image. Iel est l’être projeté, exultant son chassis qui se dédouble dans la photographie documentant son activité esthétique. C’est cette figure qui, demeurant après un bon rinçage conceptuel, nous apparait cyclique au travers de l’existence documentaire de l’image. Le sujet est présent avec l’intérieur extériorisé du sujet.

Cette pensée appartient à une famille mémétique qui échoue à se débarrasser d’une propriété primitive de l’image soit étant la re-présentation. Dans les exemple si-dessous, chaque individu re-présente une manifestation de l’être. L’aura effective des images comporte ce message; je suis ceci. Le document photographie assemble synthaxiquement l’énoncé. Ce qui nous apparait primitif est la suite d’échec à produire une image qui présente l’être, l’intention fondamentale de l’activité esthétique.

On dirait le premier piège sociale de la création. Comme un mantra dualiste et une promesse matérialiste simultanée; tu pourras te voir toi-même dans l’activité du transfert. Le piège serait de prétendre qu’il y a quelques choses qui s’additionne quand on est représenté avec notre image. Le résultat, plutôt que d’être une soustraction, est un aveux d’incompétence.

Je pense que je veux un art anonyme. Je suis tanné d’avoir a mitigé mon image personnel dans la même ligné que mon travail esthétique. C’est un trop gros frein. J’ai envie de peindre des cathédrales de sang et je n’ai pas envie d’avoir à en répondre avec mon nom. C’est un trop gros fardeau pour la liberté d’expression. Est-ce un gage d’honnêteté? J’ai envie de fondre dans mes pensées.

Je pense que j’existe dans une culture qui est moins qu’elle même, que le jugement négatif est environnant, déplaisant et malhonnête. L’art est pratiqué comme un pompage de valeur sociale et je n’arriverai jamais à m’y faire. J’ai envie de peindre des champs d’enfants démembrés et je n’ai pas envie d’expliquer pourquoi.

J’ai envie de faire un art qui sert à rien. Vous êtes tombés dans le piège, on est tous rendu des petits propagandistes de temps de paix. Je dois en finir avec la tradition de l’art contemporain et la piteuse tentative de propreté de l’art actuel. Il doit y avoir une rupture pour que nous sachons de quoi nous avons vraiment l’air. C’est vraiment urgent, ça fait trop longtemps qu’on fait semblant. Comment savoir si on est pas juste le dude qui peint Schwarzenegger version propret RCAAQ.

7 Janvier 2020 – Antoine Lortie – Facebook.com

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